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Monsieur le Président,
Distingués délégués,
Mesdames et Messieurs,
« They say it’s late, but you know it’s never too late. », c’est ce que chantait une rock star australienne il y a quelques années. Depuis, il est devenu vraiment célèbre puisqu’il est ministre de l’environnement. Et depuis, l’Australie a décidé de ratifier le protocole de Kyoto, ce qui nous a permis de commencer cette conférence sur une note d’espoir.
Tous les grands émetteurs, Etats-Unis et pays émergents, doivent s’engager à limiter ou réduire leurs émissions. Parce que, si nous voulons suivre les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental (IPCC) et réduire d’au moins 50% les émissions mondiales d’ici 2050, les réductions dans les seuls pays industrialisés ne suffiront pas.
Et il faut que nos négociations aboutissent à des décisions d’ici fin 2009.
Enfin, fixer des objectifs chiffrés de réduction dans la Déclaration de Bali, serait un pas important pour la suite des négociations et pour lutter contre le réchauffement.
La Suisse veut faire sa part de réduction et se fixer des buts similaires à ceux de l’Union européenne, soit 20% au moins et 30% si plusieurs pays industrialisés s’engagent.
Adaptation
Mais il est tard : le réchauffement produit aujourd’hui déjà ses effets négatifs et nous n’avons pas d’autre choix que de nous adapter. On estime que la planète aura besoin de quelque 50 milliards de dollars par année pour se protéger des changements climatiques. Une protection difficile pour les pays les plus pauvres, qui sont aussi les plus vulnérables ; alors qu’ils sont les moins responsables des émissions de CO2.
Pour réunir les sommes importantes nécessaires pour l’adaptation, j’ai concrétisé l’idée d’un modèle de financement international basé sur le principe du pollueur-payeur, une idée lancée l’an dernier à Nairobi.
Il s’agit de percevoir un modeste prélèvement par tonne de CO2. Avec 0,5 cents par litre de benzine, nous pourrions réunir près de 50 milliards de dollars par an. Une partie des sommes resterait à disposition de chaque pays, une autre partie irait alimenter un fonds d’adaptation. Parce que le fonds qui démarrera l’an prochain ne suffira de loin pas à faire face aux besoins.
Nous allons approfondir ce projet avec tous les pays disposés à le faire et introduire cette idée de financement dans les travaux de la Convention. J’espère que cette idée fera son chemin dans vos pays. Parce que, riches ou pauvres, tout le monde contribuera et tout le monde profitera. De manière différenciée, bien sûr. En effet, ce financement serait payé par chaque Etat, en fonction de ses émissions de CO2 et de son degré de développement, Et chaque pays qui souffre de dégâts dus au réchauffement disposerait ainsi d’une nouvelle source de financement.
J’espère que cette idée vous convaincra car elle pourrait surmonter une partie du clivage entre pays riches et pauvres, industrialisés, émergents et en voie de développement. Et établir le climat de confiance et de solidarité nécessaires pour que chaque pays prenne des engagements pour lutter contre les changements climatiques.
Un engagement nécessaire parce que tous sont touchés par les changements climatiques.
Et parce qu’il est parfois sage d’écouter les rock stars: it’s late, but not too late yet.