Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

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L’OFEFP met en garde contre des substances cancérigènes dans les traverses de chemin de fer: Les vieilles traverses de chemin de fer n’ont pas leur place dans les jardins

Berne, 10.05.2000 - Les vieilles traverses de chemin de fer sont très prisées par les amateurs de jardinage, qui les utilisent pour border leurs plates-bandes ou comme matériel de construction. Mais ces traverses ne sont pas inoffensives : elles sont imprégnées d’huile de goudron, qui contient des substances cancérigènes. De nouvelles analyses montrent que l'huile de goudron subsiste même après des années, et les substances à risques avec elle. Mise en contact avec la peau, cette huile peut provoquer un cancer. Il est donc dangereux d’utiliser d’anciennes traverses pour des bancs et des tables, où un contact direct avec le matériel ne peut être évité. L’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) a décidé d’interdire la vente des traverses pour l’usage personnel. Il va en outre fixer une valeur limite pour les substances cancérigènes contenues dans les produits pour la conservation du bois.

En 1997, un incident survenu à l’Uetliberg à Zurich avait attiré l’attention. Des traverses de chemin de fer avaient été stockées près d’un jardin privé pendant que des travaux étaient effectués sur les voies. Le propriétaire du jardin avait signalé que ses plantes s’étaient fanées.

L’OFEFP avait alors mandaté le laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherches (LFEM/EMPA) à Dubendorf pour étudier l’impact de traverses imprégnées d’huile de goudron sur l’environnement. Il s’agissait d’établir la quantité d’huile qui s’échappe dans l’environnement et celle qui reste dans ces traverses, des décennies durant.

D’après le rapport présenté par le laboratoire, il semble que l’huile de goudron utilisée pour imprégner les traverses de chemin de fer menace davantage l’homme et l’environnement qu’on ne le pensait jusqu’ici.

Les substances cancérigènes restent longtemps dans les traverses

L’huile de goudron tirée du charbon contient des hydrocarbures aromatiques polycyliques (HAP). Les HAP sont parmi les principales substances polluantes cancérigènes ; ils sont aussi émis par les moteurs à combustion, les chaudières et les cigarettes. L’étude de l’EMPA a montré qu’une traverse de chemin de fer en bois de hêtre, dont la durée d’utilisation est de 25 ans, dégage pendant cette période environ un tiers des 15 kg d’huile de goudron dont elle a été imprégnée. Les 10 autres kilos restent dans le bois. Plus tard, quand ces traverses sont utilisées pour border des jardins ou pour faire des bancs, elles continuent de dégager des substances cancérigènes. Il faut donc éviter tout contact avec la peau.

Plus de traverses pour l’usage personnel

Chaque année, les CFF remplacent 125 000 traverses environ. 80 000 traverses provenant des chemins de fer privés viennent s’y ajouter. Jusqu’ici, les vieilles traverses étaient souvent revendues à des particuliers. Dorénavant, leur réutilisation privée sera interdite au vu des risques qu’elle représente. L’OFEFP prépare à cette fin une modification de l’ordonnance sur les substances, qui introduira en outre une valeur limite pour les substances cancérigènes contenues dans les produits pour la conservation du bois. Il est prévu de fixer des valeurs de 30 g/kg pour le phénol et de 50 mg/kg pour le benzo(a)pyrène. Cette réglementation correspond en gros aux prescriptions de l’UE.

Les nouvelles traverses sont moins nocives

Depuis 1998, les CFF n’utilisent plus que des traverses imprégnées d’une huile de goudron presque inodore qui s’évapore nettement moins. Cette huile, qui répond à la norme industrielle européenne WEI-C, ne contient plus qu’un dixième des hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes que renfermait l’huile précédente et ne dépasse pas la valeur limite proposée. Cependant, comme une traverse de chemin de fer a une durée de vie d’environ 25 ans, nous aurons encore affaire jusqu’en 2023 aux anciennes traverses et aux risques qu’elles comportent.

Même les nouvelles traverses moins polluantes ne pourront plus être utilisées que pour des paravalanches, des clôtures ou d’autres ouvrages du même genre.
La révision de l’ordonnance sur les substances que prépare l’OFEFP sera envoyée en consultation. Les CFF auront également l’occasion de donner leur avis.

Vieilles traverses : quel danger représentent-elles ?

L’huile de goudron tirée du charbon qui sert à imprégner les traverses de chemin de fer contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Mises en contact régulier avec la peau, ces substances peuvent provoquer un cancer. Il faut également éviter de les respirer. Ce sont surtout les personnes qui utilisent ce produit pour la conservation du bois dans leur travail qui sont menacées.

Les vieilles traverses de chemin de fer ne sont pas faites pour être utilisées dans des intérieurs, dans des pavillons, pour des chaises, des bancs ou des tables ou sur des terrains de jeux. Il ne faut pas les scier ni les brûler soi-même. Si vous avez de vieilles traverses dont vous désirez vous débarrasser, renseignez-vous auprès de l’horticulteur qui vous les a livrées ou auprès d’une usine d’incinération d’ordures ménagères.

Auteur:

Office fédéral de l'environnement OFEV
Internet: http://www.bafu.admin.ch/fr
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