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La croissance démographique et la plus grande surface d’habitat requise par personne font s’étendre d’année en année la surface urbanisée en Suisse. Le phénomène s’accompagne d’une croissance des transports, routiers et ferroviaires. Il s’en suit une accentuation du mitage du territoire, perçue comme un problème urgent, y compris par le grand public.
La nouvelle édition du «Forum du développement territorial» publié par l’Office fédéral du développement territorial (ARE) s’intéresse donc à la manière dont les transports pourraient être organisés à l’avenir sans porter davantage atteinte au paysage et à l’environnement.
Il est impératif pour cela de mieux coordonner la politique d’organisation du territoire et celle des transports. C’est une condition sine qua non pour que les objectifs communs aux deux domaines politiques soient poursuivis de manière systématique. Les bases sont fournies par les modèles de trafic développés par l’Office fédéral du développement territorial pour le trafic voyageur et le trafic marchandises. Ces modèles constituent une référence importante pour le Programme d’élimination des goulets d’étranglement autoroutiers de l’Office fédéral des routes, pour le programme de développement stratégique pour l’infrastructure ferroviaire de l’Office fédéral des transports, pour la Stratégie énergétique 2050 de l’Office fédéral de l’énergie et pour les analyses environnementales sur le bruit et les substances polluantes menées par l’Office fédéral de l’environnement .
Au vu de la forte croissance des transports observée par le passé et de l’augmentation prévue dans les prochaines décennies, des idées nouvelles sont nécessaires. Le Tessinois Rico Maggi, professeur d’économie politique, plaide notamment pour ne pas réduire davantage les temps de déplacement en transport public et pour plafonner au contraire le nombre de trajets. Par ailleurs, le rail pourrait devenir plus attractif pour le transport de marchandises si on renonçait à densifier la cadence du transport voyageurs et que des créneaux horaires soient attribués à des trains navettes équipés de la nouvelle technologie des petits conteneurs.
Selon les modèles de trafic, la forte croissance des transports va se poursuivre. Mais quand atteint-on la limite ? Jürg Dietiker, ingénieur et éthicien de la planification, souligne au fil de son entretien que le besoin humain de mobilité est inextinguible par nature. Pour lui, même la notion de «durabilité» est à manipuler avec précaution, et il met en garde : «Il en résulte certes une série de projets qui, pris isolément, respectent les critères de la durabilité. Mais au final, l’environnement que l’on voulait justement protéger a disparu». Il recommande, au lieu de s’en tenir à des améliorations cosmétiques et à l’élimination des goulets d’étranglement, d’ouvrir un débat sur les valeurs qui devraient guider la politique en matière de paysage et de ressources. C’est, à son avis, le seul moyen de tenir compte des limites naturelles. S’engager dans d’autres projets dans le domaine des transports n’aura de sens que lorsque ces questions fondamentales auront été clarifiées.
Le bulletin Forum du développement territorial, n° 2/12, «Coordonner territoire et transports – Structurer les besoins de mobilité dans le respect des territoires et de l’environnement», peut être commandé par écrit à l’OFCL, 3003 Berne pour 10,25 fr. TVA incluse (abonnement annuel : 30,70 fr. TVA incl.). Le bulletin est également disponible en format pdf sur le site www.are.admin.ch. La reproduction des articles avec mention de la source est encouragée.