La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.
Début secteur de contenu
A long terme et malgré toutes les mesures d'optimisation mises en oeuvre, le système de financement actuel des réseaux de transports terrestres se heurtera à des limites. La surcharge croissante des réseaux induit non seulement une hausse des besoins en financement, mais également la nécessité de gérer le plus efficacement possible les réserves de capacité limitées. Les instruments de financement actuels n'offrent que des possibilités très réduites. Au plus tard, lorsque le trafic routier ne dépendra plus forcément de la consommation d'agents énergétiques d'origine fossile, les redevances prélevées sur les carburants perdront de leur importance en tant qu'instruments de financement des infrastructures stables et largement conformes au principe du paiement par l'utilisateur (cf. Principe de causalité des redevances sur les carburants).
La seule option à long terme apte à garantir le financement des réseaux d'infrastructure routiers et ferroviaires repose actuellement dans l'introduction sur tout le territoire national et à visée intermodale, de contributions d'utilisation liées aux prestations et à affectation obligatoire, soit une tarification de la mobilité ou «mobility pricing». Contrairement aux redevances sur les carburants, le montant de la contribution d'utilisation ne dépend plus de la consommation d'énergie mais des kilomètres effectivement parcourus sur le réseau. Des redevances de mobilité prélevées sur les trafics voyageurs et marchandises routiers et ferroviaires garantissent non seulement l'égalité de traitement des différents modes de transport mais aussi que la personne qui se déplace beaucoup paie davantage, conformément au principe de l'utilisateur payeur. Actuellement, les redevances de mobilité liées aux prestations jouent déjà un rôle dans les transports terrestres: le réseau ferroviaire connaît le prix du sillon qui découle pour l'essentiel du parcours et du poids du train et qui tiendra à l'avenir davantage compte de facteurs liés à la demande (supplément heures de pointe) et écologiques (émissions de bruit); quant à la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP), elle est très bien introduite dans le trafic routier de marchandises. Dans le cadre d'un changement de régime vers le mobility pricing; il faudrait remplacer les redevances d'infrastructure actuelles prélevées par la Confédération - par ex. vignette autoroutière et redevance sur les carburants - par une redevance d'utilisation du réseau dépendante de la distance, à l'instar de la RPLP (cf. Road-Pricing). Du fait que l'art. 82 de la Constitution fédérale prescrit que, sauf exception, l'utilisation des routes publiques est exempte de taxe, une modification constitutionnelle s'imposerait.
Techniquement, taxer la mobilité implique de recenser les itinéraires de chaque véhicule ou chaque usager à l'aide de systèmes de télématique. Puis les données sont transmises à une centrale qui facture par la suite à l'utilisateur les redevances dues, à l'image des factures des services industriels ou des opérateurs de téléphonie, comme cela se fait déjà également pour l'autopartage. Au vu du dynamisme de la télématique des transports, chaque véhicule sortant d'usine devrait être équipé d'office d'ici à quelques années de manière à répondre aux exigences du système. Dans les transports publics également, les solutions techniques en vue d'un système d'«easy ticketing» entièrement automatique existent déjà en principe. Si l'on entend disposer de transports publics attrayants en Suisse, il est déterminant que la tarification de la mobilité n'empêche pas d'accéder souplement et sans réservation à tous les moyens de transport et qu'elle soutienne la comparaison avec les abonnements actuels en matière de confort d'utilisation.
Au sens propre, la redevance de mobilité dans les transports publics correspondra également à l'avenir au prix du sillon qui sera déterminé et prélevé directement par le propriétaire du réseau. De même que les transitaires sont dans l'impossibilité de ventiler de manière proportionnelle la RPLP sur leurs clients, de même les entreprises ferroviaires n'imputent pas l'entier du prix du sillon aux utilisateurs des transports publics; d'autres facteurs d'exploitation et commerciaux jouent également un rôle important dans la formation des tarifs. Tant que le chiffre d'affaires couvre les dépenses totales pour les prix des sillons, les entreprises de transport peuvent tirer profit de leur autonomie en matière de tarifs pour p. ex. accorder des rabais à ceux qui se déplacent beaucoup.
Par rapport au système actuel de financement des transports, le mobility pricing tel qu'il est décrit précédemment présentera notamment les avantages suivants:
Afin d'utiliser au mieux ces avantages, le système de tarification de la mobilité intégrale devra satisfaire en parallèle à plusieurs conditions:
De nombreuses interrogations subsistent concernant la mise en oeuvre concrète de la tarification de la mobilité qu'il s'agira d'examiner plus en détail ces prochaines années. Cela consistera notamment à se pencher sur les bases juridiques, l'interopérabilité technique avec les systèmes étrangers, les règles institutionnelles à appliquer concernant l'exploitation, les modalités de prélèvement de la redevance, la protection des données, les compétences fédérales, le lien avec la gestion du trafic, le rapport avec la planification des transports et de l'aménagement et enfin les tarifs proprement dits.
Il convient également d'examiner de manière attentive les répercussions économiques et sociales du mobility pricing. Elles sont étroitement liées au modèle choisi et à la présentation concrète du système ainsi qu'aux éventuelles mesures d'accompagnement ; c'est pourquoi aucune remarque ne peut pour le moment être faite à ce sujet. Le Conseil fédéral est pourtant conscient du fait qu'une discussion qualifiée sur le mobility pricing n'est possible qu'une fois ces conséquences identifiées. Il faut pouvoir évaluer dans quelle mesure les redevances sur la mobilité liée aux prestations et prélevées sur l'ensemble du territoire peuvent influencer la compétitivité et les chances de développement des entreprises, des branches, des régions et des groupes de la population soit sur le territoire national soit par rapport au reste de l'Europe. Pour ce faire nous devons disposer de connaissances précises sur la manière dont l'adaptation du comportement de la population en termes de mobilité se répercutera sur la dynamique économique et territoriale en Suisse. Il faut pouvoir évaluer dans quelle mesure l'effet incitatif d'une tarification différenciée de la mobilité, préconisée par la politique des transports, serait lié à des effets de redistribution non voulus du point de vue de la politique sociale dans la mesure où certaines catégories de la population - notamment les salariés, qui sont tenus de voyager aux heures de pointe pour gagner leur vie - seraient exposées à une charge financière disproportionnée.
Le Conseil fédéral examinera les différentes options envisageables pour l'élaboration d'un mobility pricing dans le cadre d'un processus de formation de l'opinion largement étayé, scientifiquement motivé et relayé à l'échelle internationale. A cette occasion, il clarifiera les questions juridiques, techniques et institutionnelles ainsi que les conséquences économiques et sociales du changement de système. Le moment venu, il mettra en discussion les résultats de ces travaux.
Fin secteur de contenu