Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

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La NLFA ou comment la mobilité durable finit par s'imposer

Oui à la protection des Alpes. Oui à la modernisation des infrastructures ferroviaires. Oui à un financement par le biais de la redevance sur le trafic des poids lourds: au cours des années 90, le peuple suisse a instauré les bases de la modernisation des chemins de fer et du transfert du trafic de la route au rail. C'est ainsi que depuis l'an 2000, le nombre de camions traversant les Alpes a reculé et que sur l'axe Nord-Sud, la part du rail augmente. La mise en service du tunnel de base du Lötschberg donne un surcroît d'élan à la mobilité durable.

Depuis toujours, la politique suisse des transports et celle de l'Europe se rejoignent. Le chemin le plus court reliant les grands ports et les zones industrielles de l'Europe du Nord au Nord de l'Italie passe par la Suisse. Dans son rapport concernant la NLFA publié en 1983, le Conseil fédéral mentionnait déjà que "bien que ne faisant pas partie de la CE, notre
pays s'est toujours efforcé d'améliorer, conformément aux besoins, les voies de communication entre sa frontière nord et sa frontière sud". En 1963, le Conseil fédéral a instauré la Commission "Tunnel ferroviaire à travers les Alpes". Puis, sur la base des travaux préliminaires de la commission, il a chargé les CFF d'élaborer un projet pour le tunnel de base du Gothard, qui a été présenté en 1975. Mais dans l'intervalle, le trafic de transit avait connu une mutation fondamentale.
25. März 1957: Regierungschefs und Aussenminister unterzeichnen in Rom den Gründungsvertrag der EWG.
25. März 1957: Regierungschefs und Aussenminister unterzeichnen in Rom den Gründungsvertrag der EWG.
© European Community, 2007

La route prend l'avantage sur le rail

En 1957, l'Allemagne, la France, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas fondent à Rome la Communauté économique européenne (CEE), qui a pour objectif de mettre en place un marché commun et une union douanière. La CEE, le redressement économique d'après-guerre et la croissance démographique sont autant d'éléments qui contribuent à accroître le trafic de marchandises et de voyageurs entre le Nord de l'Europe et l'Italie. Cette augmentation concerne avant tout la route. Dès les années 60, l'autoroute du Brenner et le tunnel du Mont-Blanc offrent des liaisons autoroutières performantes et sûres en hiver. Par rapport aux transports routiers plus modulables, le trafic ferroviaire est relégué à l'arrière-plan; dans un volume de trafic augmentant rapidement, sa participation passe de 87 % en 1965 à 50 % en 1980. Les CFF et le BLS, qui jusqu'en 1970 assumaient à eux seuls 40 % de l'ensemble du trafic marchandises traversant les Alpes (Suisse, France et Autriche), subissent les pertes les plus marquées.

La crise pétrolière et la récession des années 70, l'ouverture du tunnel routier du Gothard en 1980 et de lancinants problèmes de qualité affectant le trafic-marchandises international acculent encore plus les compagnies ferroviaires helvétiques. La limite des 28 tonnes et l'interdiction de circuler le dimanche n'empêchent pas une augmentation massive du trafic routier de marchandises à travers les Alpes tandis que le rail continue à perdre des parts de marché. La Suisse craint alors pour sa position dans le trafic international et cherche des réponses. En 1983, le Conseil fédéral renvoie la décision concernant la construction d'une nouvelle transversale alpine au prétexte qu'il n'y a pas urgence. On doute alors de la rentabilité et des possibilités de financement, mais également de l'évolution des volumes de trafic et de la politique des transports des autres pays.

28.04.2005: Arbeiter mit den Fahnen der Kantone Bern und Wallis sowie der Schweiz feiern im Lötschberg-Basistunnel den Durchschlag
28.04.2005: Arbeiter feiern im Lötschberg-Basistunnel den Durchschlag
© BLS

Renaissance du rail

Avec RAIL 2000, la réforme des chemins de fer et les projets de financement des transports publics, la Suisse a entrepris dès le milieu des années 80 d'assainir et de moderniser fondamentalement ses   infrastructures ferroviaires. A plusieurs reprises, le peuple suisse confirme cette nouvelle orientation de la politique des transports, refusant également la     construction d'un second tunnel routier au Gothard. Résultats de cette politique :

  • des améliorations notables dans le trafic voyageurs (mise en service de RAIL 2000 en 2004)
  • la libéralisation du marché dans le trafic-marchandises et un meilleur positionnement des entreprises ferroviaires en matière de compétitivité internationale
  • le renversement de tendance dans le trafic marchandises qui dorénavant, au lieu d'emprunter les routes à travers les Alpes, retourne au rail. C'est ainsi qu'en 2009, on constate une baisse de 16 % du nombre de poids lourds au Gothard, au San Bernardino, au Simplon et au Grand-St-Bernard par rapport à l'année 2000.
  • la mise en service du tunnel de base du Lötschberg. C'est officiellement le 15 juin 2007 que le premier train marchandises a traversé le tunnel de base du Lötschberg. Ce dernier est ouvert depuis le 7 décembre 2007 aux trains voyageurs circulant selon l'horaire. Jusqu'à fin 2009, quelque 63 500 trains marchandises et voyageurs qui ont emprunté ce tunnel, soit 16 500 trains marchandises, 9400 trains relevant de la chaussée roulante, 36 500 trains voyageurs et  1100 trains de service. Le tunnel est utilisé à 77% de ses capacités. Avec une fiabilité de 99%, l'infrastructure est très sûre.

Les nouvelles infrastructures donneront un coup d'accélérateur supplémentaire au transfert du trafic. Toutefois, il s'agira de coordonner les mesures à l'échelle internationale si l'on entend atteindre l'objectif ancré dans la loi sur le transfert du trafic, à savoir un maximum de 650 000 camions traversant chaque année notre pays, deux ans après l'inauguration du tunnel de base du Gothard, vraisemblablement en 2017. Il s'agit à ce titre d'introduire dans tout l'arc alpin un système de gestion du trafic marchandises, en recourant par exemple à la Bourse du transit alpin. La Conférence des ministres des transports des pays alpins planche actuellement sur le projet.


Contact spécialisé: info@gs-uvek.admin.ch
Dernière mise à jour le: 18.05.2010

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