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Pubblicato il 2 luglio 2026

Balade estivale: Albert Rösti: «Avec Transports’45, les Romands ne sont pas lésés» (Le Temps, 02.07.2026)

Accueilli par des militants climatiques ce mercredi à Lucerne, le conseiller fédéral a défendu son projet Transports’45, mis en consultation il y a une semaine. Face aux accusations de «décrochage ferroviaire» brandies par la Suisse occidentale, l’UDC bernois assure que la Romandie n’est pas la laissée-pour-compte des futurs investissements ferroviaires

Le Temps, 02.07.2026

Yan Pauchard

Accueilli par des militants climatiques ce mercredi à Lucerne, le conseiller fédéral a défendu son projet Transports’45, mis en consultation il y a une semaine. Face aux accusations de «décrochage ferroviaire» brandies par la Suisse occidentale, l’UDC bernois assure que la Romandie n’est pas la laissée-pour-compte des futurs investissements ferroviaires

Le temps était à l’orage ce mercredi matin pour Albert Rösti à Lucerne. Pas seulement à cause du déluge qui s’est abattu sur le lac des Quatre Cantons. Une quinzaine de militants de l’organisation pro-climat Drop Kollektiv attendaient, en effet, le ministre UDC à la sortie de la gare pour conspuer sa politique basée sur le retour de l’atome et l’extension d’autoroutes alors que l’Europe et la Suisse connaissent un début d’été caniculaire. Mais pas de quoi déstabiliser le Bernois, resté d’un calme olympien. «Je suis conseiller fédéral, ce n’est pas un job où l’on peut écouter seulement les gens qui disent que vous faites du bon travail», a-t-il commenté, opposant aux critiques ses efforts à travers plusieurs lois pour faire diminuer les émissions de CO2.

Sur le chemin du Musée des transports, où il a invité les journalistes parlementaires, Albert Rösti préfère mettre en avant sa politique en faveur du rail. La destination de sa désormais traditionnelle excursion d’été ne doit rien au hasard. «C’est un choix hautement symbolique», a souligné le conseiller fédéral. Il y a tout juste une semaine, le gouvernement adoptait et mettait en consultation Transport’45, un plan d’envergure qui doit servir de cadre aux investissements dans les infrastructures pour les vingt prochaines années.

La construction d’une nouvelle gare souterraine et traversante à Lucerne, devisée à 5 milliards de francs, est l’un des projets phares de cette stratégie. «Si vous venez ici un samedi, en plein cœur des flux touristiques, vous comprendrez pourquoi une extension des capacités est indispensable», a encore relevé Albert Rösti. Les futures installations devraient permettre une augmentation des capacités pour l’ensemble de l’axe Nord-Sud. «Pour les Romands, la rénovation de la gare de Lausanne est évidemment tout aussi importante et porte la même symbolique», a ajouté le chef du département des transports (DETEC).

«Un projet équitable»

Pourtant de ce côté-ci de la Sarine, la colère gronde depuis des mois. «La Suisse occidentale est en danger de décrochage ferroviaire», dénonçait vendredi dernier l’association OuestRail, conjointement avec les ministres cantonaux des Transports. Une appréciation que conteste Albert Rösti. «On ne peut pas dire que ce projet n’est pas équitable», assure le conseiller fédéral. «Si l’on considère le chantier de la gare de Lausanne, celui de la gare de Genève, le tronçon Morges-Perroy, qui sera dans ce paquet 45, c’est 7 milliards de francs, plaide le ministre. Et il faut rajouter la ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Au final, la Romandie représente presque la moitié du budget pour un tiers de la population. On ne peut pas dire qu’elle est lésée.»

Le seul «point négatif» que le ministre des Transports reconnaît, c’est sur l’absence de projets pour la ligne Lausanne-Fribourg-Berne, dont les améliorations seront attendues à un horizon après 2045. «On doit mener des études sur ce que nous pouvons faire, sur ce que nous pouvons financer, mais il faut bien l’admettre, nous sommes au début du processus», a regretté Albert Rösti. Pour revenir aux critiques, il se dit toujours étonné par celles qui le dépeignent en lobbyiste de la voiture. «Ces vingt prochaines années, nous allons investir 36 milliards pour le rail contre 13 milliards pour la route, se défend le Bernois. J’espère que cette comparaison permettra de relativiser ou de désamorcer ce reproche récurrent.» Et peut-être lui éviter quelques manifestations.